J’ai appelé cette aquarelle « Le concert des oiseaux marins ».

C’est vrai qu’on a vu plus mélodieux que les cris de ces oiseaux. Mais c’est le parfum de la mer qu’ils chantent et celui plus vulgaire de la vase et des algues, celui des cailloux et du vent qui fouette le visage.

Cette aquarelle est inspirée de la magnifique photo de Mickaël Dailly dans « Noirmoutier 360 ».

D’habitude, je déteste peindre les photos ou les sujets de quelqu’un d’autre car j’aime partager des instants d’émerveillement et l’émerveillement, ça ne s’invente pas, ça se vit.

Mais ces mouettes ne sont pas n’importe quelles mouettes, ce sont celles du port de l’Herbaudière qui m’est cher.

Leur chant est associé au langage des ports : le tintement des drisses sur les mâts des bateaux. C’est la musique de mon enfance.

Et ces oiseaux m’évoquent bien d’autres choses encore. J’espère qu’ils vous parleront aussi.

Merci à Mickaël Dailly de m’avoir prêté sa photo.


1) Je réalise au préalable un dessin précis. J’ai modifié la composition de la photo en choisissant un format vertical. J’ai déplacé les oiseaux pour améliorer la circulation du regard et mettre en valeur les deux goélands en vol et pris des libertés pour le fond que je souhaitais à peine suggéré.

Je mouille mon papier (Hahnemülhe 100 % coton) sur les deux faces avant de le plaquer sur une plaque de plexiglas. Je chasse les bulles d’air. Le papier est mouillé et brillant. J’y jette les deux couleurs choisies.

2) Je souhaite une atmosphère chaleureuse, j’ai donc opté pour un bleu chaud et une terre de sienne brûlée. Seulement deux couleurs et quelques rehauts de bleu ciel à la fin. Le sujet est simple, pas de fioriture !

Je laisse les couleurs librement déborder des formes.

3) Quand le moment est venu : (il faut bien connaître son papier et ses temps de séchage), j’utilise une petite brosse et lave à l’eau claire afin de redéfinir les formes des oiseaux et retrouver mes blancs. Je prends soin de garder des zones floues pour le mouvement et la légèreté du tableau.

4) Le papier commence à sécher, les couleurs s’éclaircissent. Je commence par mon point focal, le goéland du premier plan. J’évite de trop intervenir sur la couleur initialement posée pour préserver le velours des mélanges spontanés de la phase humide.

5) Je renforce le contraste du bout des plumes de l’aile droite pour envoyer le regard vers l’oiseau en vol au dessus.

6) Je suggère l’oiseau en vol sans trop de précision. Le mouvement doit rester fluide. Puis je fonce le fond en suggérant des formes qui amènent le regard à redescendre vers le goéland.

7) Je prends soin du groupe de mouettes, j’ai une affection particulière pour celle qui se dandine à gauche. La signature créée un peu d’animation en bas de la feuille.

8) Je contrôle mes valeurs (contrastes) en prenant une photo en noir et blanc.

9) Je rajoute quelques rehauts de couleur bleu ciel. C’est terminé